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Fréquences

par Lise Guéhenneux

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Durant l’année 2010, le Transpalette s’est mis à l’heure des «Fréquences» concoctées par Léonor Nuridsany. Comment rendre compte sans image ? Cette immersion dans des dimensions autres commence par une installation de Gérôme Nox conçue pour transfigurer l’espace. Plusieurs nappes de sons réveillant nos sens tout en ménageant un parcours où la musique servait les interférences d’une partition architecturale industrielle, toute de structures, pour nous conduire vers une élévation. Les infra basses révèlent le Transpalette, rampent sur le sol dans un effet de résonances où la froideur électronique se mue en organisme. Les fluides et les stridences, les accélérations et les décélérations répondent aux arcs électriques et aux courts circuits. Le lieu d’exposition devient réceptacle du son de cette installation sonore pendant ce premier moment tandis que le reste est déporté dans la salle de concert où Sébastien Lepinasse nous immerge dans les débordements physiques et lyriques de sa poésie sonore. Puis c’est au tour de Urs de rendre la matière au son avec toute sa mémoire jusqu’à l’étendre à la ville qui devient alors un vaste atelier de production du concret rendu sensible et restitué à des auditeurs suspendus à ces captations géographiques.

Après le son, la deuxième fréquence abordait le continent de l’écrit avec un feuilleton de Martine Aballéa, la maison au bout de la rue, publié chaque semaine dans le Berry Républicain. Un récit égrenait ses épisodes à partir d’un scénario où le continuum espace-temps était modifié par un phénomène de science-fiction d’après un programme établi en 840. Là, dans un paysage urbain, les plantes déclenchent alors un glissement et un basculement dans un étrange quotidien. Le rêve et autres états psychiques, les éléments climatiques se conjuguent pour une cérémonie où l’humain cherche sa place. Pour la lecture, le Transpalette se transformait par moments en salon, un fragment d’hôtel ou de salon domestique où le journal est à déguster dans un petit fauteuil profond placé sous la lumière jaune d’un lampadaire stylé années cinquante, à l’étage ce sont de vastes canapés ou des chaises. Des vidéos et des ouvrages sont disponibles pour une lecture individuelle tandis qu’au rez-de-chaussée des écrans déplacent encore ailleurs l’écrit. Mélanie Poinsignon se sert d’un logiciel de transcription vocale afin d’introduire des fautes dans un texte écrit qui apparaît au fur et à mesure d’un entretien qu’elle mène avec Jacques Derrida. Cette performance à partir d’un outil opérant montre les limites de cet outil très hight tech dans une épreuve qui se solde par un fiasco absurde. Elle fait également l’expérience de la communication orale, celle du discours dont elle nous montre l’envers du décor avec ses ratés, son montage et ses variations finales. Autre façon de faire advenir l’image par le texte que celle d’Armelle Caron dont les vidéos de mots blancs sur fond noir défilent selon une lecture structurée par la vidéo, son espace et son déroulement. Les évocations descriptives font apparaître l’objet suivant des strates sans cesse en mouvement où l’esprit vagabonde, retouchant et rebouchant les trous comme dans ceux de Loreto Martinez Troncoso où deux langues viennent se télescoper et se perturber dans une sarabande poétique. La dernière Fréquence considère des œuvres olfactives, celle de Bertrand Lavier N°5 sur Shalimar, issue de sa série d’objets superposés et celle du collectif RYBn. Tandis que le premier utilise des objets ready-made qu’il mixe et mélange dans une salle isolée à l’étage, les deuxièmes distillent dans le reste du bâtiment un sérum bénéfique actionné grâce à un programme informatique connecté via Internet aux pics de pollution.

Comment conclure cette suite d’interventions et d’invitations ? Quelles traces donner à voir ? Comme les cartons d’invitations ont donné lieu à des actions particulières, invitation sonore, visuelle, via l’Internet, olfactive, avec l’envoi d’un testeur de parfumerie, la forme du  catalogue est pensée en conséquence, pour le format numérique. Défini comme un espace-temps décalé propice à une autre respiration, il nous réserve forcément des surprises.




« Fréquences »
Transpalette, Bourges
23 janvier <19 décembre 2010

emmetrop.pagesperso-orange.fr/

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Lise Guéhenneux
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